Sommaire
- Trois signes séparent un marché de vendeurs d’un marché d’acheteurs
- Au Québec, le marché bascule à 10 mois d’inventaire, pas à 6
- Cet automne, les Laurentides penchent vers le vendeur, sauf à Tremblant
- Le cycle immobilier se lit dans l’écart entre inscriptions et ventes
- La position dans le cycle change la stratégie, pas seulement le prix
- Savoir si votre secteur est un marché de vendeurs ou d’acheteurs
- FAQ
Ce qu’il faut retenir : Marché de vendeurs ou d’acheteurs? Au Québec, tout tient au nombre de mois d’inventaire. Sous 8 mois, le vendeur a l’avantage ; de 8 à 10, le marché est équilibré ; au-delà de 10, l’acheteur négocie. À l’automne 2026, la maison des Laurentides se vend encore en marché de vendeurs, sauf à Mont-Tremblant.
Cet automne, les maisons inscrites à Saint-Jérôme s’écouleraient en trois mois, un marché de vendeurs franc, alors qu’à Mont-Tremblant la maison sort tout juste d’un marché d’acheteurs. Au même moment, l’offre de propriétés augmentait pour un 14e mois consécutif dans la région de Montréal, selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). Le rapport de force se joue secteur par secteur, et il bouge.
Encore faut-il placer la frontière. Plusieurs pages en ligne la situent à 6 mois d’inventaire. L’APCIQ, qui classe les secteurs à partir des données Centris, la place à 10.
L’écart compte. Avec la règle des 6 mois, une maison de Morin-Heights, à environ 7,5 mois d’inventaire, se vendrait dans un marché d’acheteurs. Avec celle de l’APCIQ, son vendeur garde l’avantage, mais il en avait un peu plus il y a un an.
Trois signes séparent un marché de vendeurs d’un marché d’acheteurs
En bref : L’inventaire, le délai de vente et les offres multiples disent ensemble qui tient le gros bout du bâton, mais seul l’inventaire classe officiellement un secteur.
Dans un marché de vendeurs, les acheteurs actifs sont plus nombreux que les propriétés à vendre : à Saint-Jérôme, il s’est vendu en moyenne 58 unifamiliales par mois sur un an, pour 178 inscrites. Dans un marché d’acheteurs, c’est le vendeur qui doit convaincre : la copropriété de Mont-Tremblant compte près de 16 mois d’inventaire.
Le délai de vente s’allonge quand l’acheteur a du choix, mais aussi quand la maison est trop chère. Les offres multiples, elles, n’apparaissent pas dans le baromètre de l’APCIQ, pas plus que les ventes conclues au-dessus du prix demandé.
- Marché de vendeurs, moins de 8 mois d’inventaire. Les prix montent vite, les délais sont courts, les offres multiples fréquentes. L’acheteur fait les concessions, jusqu’à être tenté de retirer ses conditions.
- Marché équilibré, de 8 à 10 mois. Les prix progressent modérément et les conditions de la promesse d’achat se négocient normalement, des deux côtés.
- Marché d’acheteurs, plus de 10 mois. Les prix stagnent ou reculent, les délais s’allongent avec des révisions de prix, et c’est le vendeur qui concède.
Les seuils et les tendances de prix viennent de l’APCIQ ; le reste décrit la pratique courante.
Au Québec, le marché bascule à 10 mois d’inventaire, pas à 6
En bref : Pour l’APCIQ, l’équilibre se trouve entre 8 et 10 mois d’inventaire, un calcul que les chiffres publics de Centris permettent de refaire en deux minutes.
Dans son baromètre résidentiel du 3e trimestre 2026, l’APCIQ écrit que le marché est équilibré « lorsque le nombre de mois d’inventaire se situe entre 8 et 10 ». Sous 8, il favorise les vendeurs et la croissance des prix est « généralement élevée ». Au-delà de 10, il favorise les acheteurs, et cette croissance « peut même être négative ».
Le calcul se refait avec la page de statistiques Centris de Sainte-Adèle. Dans la colonne « Cumul 4 derniers trimestres », elle indique 139 unifamiliales inscrites en moyenne et 241 ventes, soit environ 20 ventes par mois. Divisez 139 par 20 : 6,9 mois, un marché de vendeurs sans être serré. La moyenne sur 12 mois efface l’effet des saisons.
Tous les chiffres qui suivent sont ceux de la ville seule, selon Centris, sur les 12 mois terminés en septembre 2026.
Cet automne, les Laurentides penchent vers le vendeur, sauf à Tremblant
En bref : Saint-Jérôme, Sainte-Adèle et Morin-Heights restent sous 8 mois ; à Mont-Tremblant, la maison est revenue à l’équilibre et le condo favorise l’acheteur.
Centris publie, à côté de chaque chiffre, sa variation sur un an. En la retirant, on retrouve l’inventaire et les ventes de l’an dernier, donc les mois d’inventaire d’il y a un an. Le tableau compare les deux, d’après les pages de Saint-Jérôme, de Sainte-Adèle, de Morin-Heights et de Mont-Tremblant.
| Ville et catégorie | Mois d’inventaire il y a un an | Aujourd’hui | Marché aujourd’hui | Inscriptions en vigueur, été 2026 | Ventes, été 2026 |
| Saint-Jérôme, unifamiliale | 2,5 | 3,1 | Vendeurs | +34 % | +8 % |
| Sainte-Adèle, unifamiliale | 6,7 | 6,9 | Vendeurs | +20 % | -2 % |
| Morin-Heights, unifamiliale | 7,0 | 7,5 | Vendeurs | +14 % | +63 % |
| Mont-Tremblant, unifamiliale | 10,5 | 9,8 | Équilibré | +13 % | +27 % |
| Mont-Tremblant, copropriété | 16,7 | 15,8 | Acheteurs | -9 % | -24 % |
Source : Centris, pages des villes, cumul des 4 derniers trimestres au 3e trimestre 2026 ; variations de l’été : 3e trimestre seul, sur un an. Mois d’inventaire calculés selon la méthode de l’APCIQ ; ceux d’il y a un an viennent de variations arrondies, à 0,1 mois près.
Le type de propriété sépare les marchés plus que la carte : dans la même ville de Mont-Tremblant, la maison est à l’équilibre et le condo, en marché d’acheteurs.
Votre propriété est une unifamiliale de Morin-Heights ou un condo de Tremblant? À 7,5 mois d’inventaire d’un côté et 16 de l’autre, le prix ne se fixe pas de la même façon : une évaluation fondée sur les ventes récentes de sa catégorie situe la vôtre.
Le cycle immobilier se lit dans l’écart entre inscriptions et ventes
En bref : Le même calcul, refait sur l’année précédente, montre un marché qui se détend lentement dans le sud des Laurentides et qui se resserre à Mont-Tremblant.
Un marché bascule lentement : les inscriptions grossissent plus vite que les ventes, les mois d’inventaire montent, puis les prix plafonnent. Saint-Jérôme montre ce premier temps. Cet été, ses unifamiliales inscrites ont augmenté de 34 % en un an, quatre fois plus vite que les ventes. Le marché reste serré, mais il a gagné un demi-mois d’inventaire. À Sainte-Adèle, le même décalage (+20 % d’inscriptions, -2 % de ventes) n’a pas encore déplacé la moyenne annuelle.
Mont-Tremblant va dans l’autre sens. Il y a un an, l’unifamiliale y était en marché d’acheteurs ; elle est revenue à l’équilibre, portée par des ventes en hausse de 8 % sur 12 mois. Le condo reste en marché d’acheteurs, mais son inventaire a fondu de 8 % sur un an.
Le mouvement de fond part de Montréal. L’APCIQ note que la hausse de l’offre « continue de prendre de l’ampleur dans les couronnes ». Dans Le Devoir, son directeur de l’analyse de marché, Charles Brant, appelle Montréal « le marché précurseur » : « Ce qui se passe à Montréal va sans doute s’étendre à tout le Québec. »
La médiane, elle, lit mal le cycle. À Morin-Heights, elle a reculé de 11 % sur 12 mois, à 659 750 $, dans un marché de vendeurs. L’APCIQ prévient que l’évolution d’un prix médian « ne reflète pas nécessairement l’évolution de la valeur » des propriétés d’un secteur. Une médiane suit les maisons vendues, pas l’ensemble des maisons de la ville. Le type de marché reste un critère parmi d’autres pour choisir le bon moment pour vendre.

La position dans le cycle change la stratégie, pas seulement le prix
En bref : Le vendeur se règle sur la concurrence qui arrive, l’acheteur sur l’avantage qui s’effrite ou se renforce.
Le vendeur d’un marché de vendeurs qui se détend affronte plus de concurrence que son voisin de l’an dernier : à Saint-Jérôme, 195 unifamiliales étaient inscrites cet été, contre environ 146 un an plus tôt. Le prix se fixe sur les ventes du dernier trimestre et sur les maisons encore à vendre dans la même catégorie, celles que l’acheteur visitera le même samedi.
Le vendeur proche d’un seuil a moins de marge qu’il n’y paraît. À Morin-Heights, avec 79 inscriptions, il suffirait que les ventes mensuelles reculent d’environ 7 % pour que l’unifamiliale passe à 8 mois, donc à l’équilibre.
L’acheteur d’un marché de vendeurs garde sa vitesse : préapprobation hypothécaire, critères clairs, visite rapide. Retirer l’inspection pour gagner une surenchère revient pourtant à parier sur un bâtiment vu une seule fois ; les règles de ces situations sont expliquées dans cet article sur les offres d’achat multiples.
L’acheteur d’un condo à Mont-Tremblant négocie inspection, financement et prix sans affaiblir son offre, et une offre sous le prix demandé n’a rien d’insultant à 16 mois d’inventaire. Mais l’inventaire y fond : attendre une baisse de plus peut coûter le bon logement. Les étapes d’un achat sont réunies dans ce guide d’achat régional.

Savoir si votre secteur est un marché de vendeurs ou d’acheteurs
Ouvrez la page Centris de votre ville et faites le calcul deux fois. Aujourd’hui : les inscriptions en vigueur de votre catégorie divisées par ses ventes mensuelles. Il y a un an : les mêmes chiffres, une fois leur variation retirée. Le premier résultat, placé par rapport à 8 et à 10 mois, dit dans quel marché vous êtes ; l’écart entre les deux dit vers où il va.
Ce que Centris ne publie pas, le nombre d’offres reçues par les maisons voisines et l’écart entre prix demandé et prix vendu, se trouve dans les transactions récentes de votre secteur : obtenez la liste des ventes comparables avant d’afficher ou d’offrir.
FAQ
Comment savoir si votre ville est en marché de vendeurs ou en marché d’acheteurs?
Par le nombre de mois d’inventaire, que l’APCIQ publie chaque trimestre à partir des données Centris. Sous 8 mois, le vendeur a l’avantage ; entre 8 et 10, le marché est équilibré ; au-delà de 10, l’acheteur négocie. À l’automne 2026, le marché de vendeurs le plus serré est à Saint-Jérôme (environ 3 mois pour l’unifamiliale), le marché d’acheteurs le plus net à Mont-Tremblant (près de 16 pour le condo).
Est-ce un bon moment pour acheter dans les Laurentides?
Cela dépend du secteur et du type de propriété. Sur les 12 mois terminés en septembre 2026, les maisons de Saint-Jérôme, de Sainte-Adèle et de Morin-Heights se vendaient encore dans un marché de vendeurs, alors que les copropriétés de Mont-Tremblant approchaient 16 mois d’inventaire. Dans ces trois villes, l’inventaire de maisons grossissait plus vite que les ventes. Comparez au moins trois ventes récentes semblables avant d’offrir.
Les prix baissent-ils dans un marché d’acheteurs?
Pas forcément. Selon l’APCIQ, au-delà de 10 mois d’inventaire, la croissance des prix est généralement faible et peut devenir négative, sans que la baisse soit automatique. À Mont-Tremblant, selon les statistiques de Centris pour la ville, la même source que le reste de ce texte, le prix médian d’une copropriété a reculé de 6 % sur 12 mois, à 417 125 $, alors que celui de l’unifamiliale a gagné 13 %.


