Taxes et règlements d’un chalet en location touristique au Québec

Sommaire

Ce qu’il faut retenir : Un chalet en location touristique au Québec paie quatre paliers de taxes : 3,5 % d’hébergement sur chaque nuitée, la TPS et la TVQ au-delà de 30 000 $ de ventes, l’impôt sur le revenu net et les taxes municipales. Dans les Laurentides, la municipalité ajoute ses propres règles, parfois un permis payant.

Au Québec, les taxes d’une location touristique dépendent d’abord du statut fiscal du propriétaire. Une nuitée à 300 $ dans un chalet de Morin-Heights, réservée en direct, coûte 310,50 $ au voyageur chez un propriétaire non inscrit à la TPS et à la TVQ, 357 $ chez un inscrit.

Chaque palier a son percepteur et son seuil. Dans les Laurentides, la municipalité passe avant le fisc : elle peut interdire la location, taxer le chalet à un autre taux ou exiger un permis annuel.

Mise à jour : règles vérifiées le 26 octobre 2026 sur les sites de Revenu Québec, de Mont-Tremblant et de Saint-Adolphe-d’Howard. Seuils, taux et tarifs peuvent changer d’une année à l’autre.

La taxe sur l’hébergement de 3,5 % s’ajoute à chaque nuitée

En bref : Dans les Laurentides, toute nuitée de 31 jours ou moins louée à des touristes porte une taxe de 3,5 %, perçue par la plateforme ou par le propriétaire.

La taxe sur l’hébergement n’est pas une taxe municipale. Revenu Québec l’administre, et sa liste des régions touristiques où la taxe sur l’hébergement s’applique compte les Laurentides : seul le Nunavik y échappe.

Selon la page de Revenu Québec sur la facturation de la taxe sur l’hébergement de 3,5 %, la taxe se calcule sur le prix de la nuitée seulement. Le déjeuner, le stationnement et les autres services fournis avec l’hébergement sortent de la base.

Le canal de réservation désigne le percepteur. Une plateforme inscrite au fichier qui encaisse toute la somme perçoit la taxe et la remet. Des réservations directes régulières, par un site personnel ou une page Facebook, obligent le propriétaire à s’inscrire au fichier et à facturer les 3,5 % lui-même, même si la plateforme fait le gros du volume.

La TPS et la TVQ arrivent après 30 000 $, sauf sur les plateformes

En bref : Sous 30 000 $ de ventes taxables, le propriétaire n’a pas à facturer la TPS et la TVQ en direct, mais une plateforme inscrite les perçoit quand même.

Revenu Québec fixe la règle dans sa page d’inscription aux fichiers de la TPS et de la TVQ pour l’hébergement de courte durée : l’inscription devient obligatoire quand les fournitures taxables dépassent 30 000 $ dans un trimestre civil ou pour les quatre trimestres qui le précèdent. Sous ce seuil, le propriétaire est un petit fournisseur.

Le seuil additionne tout, y compris les ventes des personnes associées et d’une autre activité commerciale. Une graphiste autonome qui facture 24 000 $ de contrats dans l’année et loue son chalet pour 8 000 $ atteint 32 000 $ : elle n’est plus un petit fournisseur, alors que le chalet seul n’aurait jamais franchi la barre.

Selon la même page, une plateforme inscrite les perçoit pourtant même pour un petit fournisseur.

Chez un propriétaire inscrit, la TPS et la TVQ se calculent sur un total qui comprend déjà la taxe sur l’hébergement. D’où les 357 $ de la nuitée à 300 $ :

  • Taxe sur l’hébergement. 300 $ x 3,5 % = 10,50 $, pour un sous-total de 310,50 $.
  • TPS. 310,50 $ x 5 % = 15,53 $.
  • TVQ. 310,50 $ x 9,975 % = 30,97 $.
  • Total facturé au voyageur. 357,00 $, contre 310,50 $ chez un petit fournisseur non inscrit.

L’inscription volontaire donne droit aux crédits de taxe sur les intrants sur certaines dépenses : un calcul à faire avec un comptable.

L’impôt se calcule sur le revenu net, au prorata de la location

En bref : Les revenus de location se déclarent en entier ; les dépenses communes se déduisent seulement pour la période réellement offerte en location.

Revenu Québec en donne un exemple dans sa page sur la déclaration de revenus de l’hébergement de courte durée. Un chalet loué neuf mois sur douze rapporte 9 500 $ bruts. La publicité (475 $) et les fournitures (750 $) se déduisent en entier, mais l’entretien (2 500 $) ainsi que l’électricité et le chauffage (1 800 $) seulement aux 9/12. Le revenu net à déclarer tombe à 5 050 $. Chaque fin de semaine passée en famille au chalet réduit d’autant la part déductible des dépenses communes.

La même page ajoute deux conditions. Le numéro d’enregistrement de la CITQ s’inscrit à la ligne 59 du formulaire TP-128 (revenus de location) ou TP-80 (revenus d’entreprise). Et les dépenses d’une location à court terme non conforme ne sont pas déductibles : louer sans enregistrement ou hors zone permise coûte les déductions, en plus des sanctions.

Les services offerts tracent la frontière entre revenu de biens et revenu d’entreprise : le chauffage et le stationnement relèvent du premier, le ménage ou des repas peuvent faire basculer dans le second. Les coûts d’exploitation à prévoir sont détaillés dans l’article sur un chalet locatif à Saint-Sauveur.

Le règlement municipal passe avant le fisc

En bref : Dans les Laurentides, la municipalité décide si la location est permise, à quel taux le chalet est taxé et quel permis s’ajoute.

Chaque municipalité des Laurentides fixe ses zones, et certaines ajoutent un coût qui pèse sur la rentabilité.

À Mont-Tremblant, la Ville considère la résidence de tourisme comme un commerce d’hébergement, soumis à un taux de taxation distinct. Le compte de taxes d’un vendeur qui habitait son chalet ne prédit donc pas celui de l’exploitant.

À Saint-Adolphe-d’Howard, le formulaire de permis d’hébergement touristique 2026 fixe le permis municipal annuel à 1 000 $, à la première demande comme au renouvellement. Pour la graphiste qui tire 8 000 $ de son chalet, c’est le huitième du revenu brut, avant toute autre dépense.

Le zonage de huit municipalités est comparé dans le guide sur la location à court terme dans les Laurentides, et l’enregistrement provincial, dans l’article sur le permis CITQ. Pour une adresse précise, la réponse se demande par écrit au service d’urbanisme : zone permise, permis exigé et taux de taxation lié à l’usage.

Taxes location touristique Québec : calculatrice, reçus et formulaire d'impôt sur une table de cuisine

Sept obligations, quatre interlocuteurs différents

En bref : Le propriétaire-locateur répond à la municipalité, à la CITQ, à Revenu Québec et, à la revente, au notaire.

Chaque ligne du tableau doit avoir sa réponse avant la première réservation.

ObligationQui la gèreQuand elle s’appliqueGeste à poser
Conformité au zonage, certificat ou permis municipalMunicipalitéAvant toute location, puis chaque année s’il y a un permisConfirmation écrite pour l’adresse exacte
Enregistrement CITQ et numéro dans les annoncesPropriétaireSéjours de 31 jours ou moinsReporter le numéro à la ligne 59 du TP-128 ou du TP-80
Taxe sur l’hébergement de 3,5 %Plateforme inscrite, sinon propriétaireChaque nuitée de 31 jours ou moinsS’inscrire au fichier si les réservations directes sont régulières
TPS et TVQPropriétaire inscrit, plateforme pour un petit fournisseurAu-delà de 30 000 $ de ventes taxablesSuivre le total chaque trimestre, autres activités comprises
Impôt sur le revenuPropriétaireChaque annéeRépartir les dépenses selon la période de location
Taxes municipales et scolairesPropriétaireChaque annéeDemander le taux applicable à l’usage touristique
Taxes à la reventePropriétaire et notaireÀ la vente du chaletFaire valider l’usage des dernières années avant la mise en vente

La plateforme n’apparaît que sur deux lignes, et seulement pour les réservations qu’elle encaisse.

Pour comparer des chalets avant une offre, demandez pour chacune des propriétés à vendre qui vous intéressent l’historique de location et les comptes de taxes des deux dernières années.

La revente du chalet rouvre le dossier des taxes

En bref : Un chalet loué presque toute l’année comme un hébergement peut perdre son statut d’immeuble d’habitation, ce qui touche la TPS et la TVQ à la vente.

Raymond Chabot Grant Thornton le rappelle dans son analyse des taxes sur les revenus locatifs : un immeuble exploité comme un hôtel ou un gîte, et loué à 90 % ou plus pour des périodes de 60 jours au plus, n’est plus considéré comme un immeuble d’habitation. L’assujettissement aux taxes dépend aussi de l’usage de l’immeuble juste avant sa vente.

Ce changement d’usage se vérifie avant de mettre le chalet en vente, et peut aussi toucher l’impôt sur le gain. Le guide pour vendre sa maison dans les Laurentides détaille les autres étapes de la mise en vente.

Pancarte à vendre plantée devant un chalet en bois, au milieu d'une forêt aux couleurs d'automne

Vérifier le zonage avant les taxes d’une location touristique au Québec

L’ordre des vérifications suit ce qui peut tout bloquer : le zonage et le permis municipal d’abord, l’enregistrement ensuite, la fiscalité en dernier. Un taux de taxation distinct ou un permis annuel réduit le revenu net avant même l’impôt.

Le zonage et l’historique de location d’un chalet se font vérifier avec un courtier avant de déposer une offre.

FAQ

Les taxes d’une location touristique au Québec sont-elles toutes perçues par la plateforme?

Non. Au Québec, une plateforme inscrite qui encaisse tout le prix d’une location touristique perçoit trois taxes : la taxe sur l’hébergement de 3,5 %, puis la TPS et la TVQ, même pour un petit fournisseur. Elle ne touche ni à l’impôt sur le revenu net ni aux taxes municipales et scolaires. Les réservations directes restent à la charge du propriétaire, qui s’inscrit au fichier s’il en reçoit régulièrement.

Faut-il s’inscrire à la TPS et à la TVQ pour louer son chalet?

Pas toujours. L’inscription devient obligatoire quand les fournitures taxables dépassent 30 000 $ dans un trimestre ou sur quatre trimestres consécutifs, revenus d’autres activités commerciales et d’associés compris. Sous ce seuil, le propriétaire est un petit fournisseur, mais une plateforme inscrite perçoit tout de même la TPS et la TVQ sur ses réservations. Faites le calcul de l’inscription volontaire avec un comptable avant le début de la saison de ski.

Les dépenses d’un chalet loué sont-elles déductibles?

En partie. Les dépenses liées directement à la location, comme la publicité ou les fournitures, se déduisent en entier. Les dépenses communes, comme l’entretien ou l’électricité, se répartissent selon la période réellement offerte en location. Une location à court terme non conforme, sans enregistrement CITQ ou hors zone permise, perd toutefois le droit à ces déductions, et le numéro CITQ doit figurer dans la déclaration de revenus.

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Anne Léger

Courtier immobilier résidentiel & commercial | Team Leader – Équipe Tremblay Léger | Au service des Laurentides depuis 2005

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