Sommaire
- Chaque ville bascule vers 1,5 fois son prix médian
- Sous 500 000 $, l’offre manque plus que les acheteurs
- Le milieu de gamme fait le volume, et il a franchi 500 000 $
- Au sommet, l’acheteur est moins pressé et financé autrement
- Ce que la gamme change pour vendre ou acheter
- Lire le marché immobilier des Laurentides à partir de sa gamme de prix
- FAQ
Ce qu’il faut retenir : Le marché immobilier des Laurentides change de camp avec la gamme de prix. Dans les secteurs étudiés, le vendeur garde l’avantage jusqu’à environ une fois et demie le prix médian local. Au-delà, l’inventaire s’accumule et l’acheteur négocie, parce que clientèle, mise de fonds et offre changent d’un palier à l’autre.
Une médiane régionale ne dit presque rien au propriétaire d’une maison de 960 000 $ à Saint-Sauveur. Le baromètre de l’APCIQ, qui suit le marché immobilier des Laurentides centre urbain par centre urbain, range les maisons en cinq gammes de prix : celle de la sienne compte 185 propriétés inscrites pour 13 ventes par mois.
Affichée à 920 000 $, la même maison tomberait dans la gamme inférieure : 53 inscriptions, 7 ventes par mois, un marché encore favorable au vendeur. Quarante mille dollars séparent deux rapports de force, et derrière eux deux clientèles, deux règles de mise de fonds et deux niveaux d’offre.
Chaque ville bascule vers 1,5 fois son prix médian
En bref : Dans les quatre secteurs étudiés, le marché favorise le vendeur jusqu’à un certain prix, puis l’acheteur, et ce seuil suit le niveau des prix du secteur.
Le baromètre résidentiel de l’APCIQ du 3e trimestre 2026 découpe chaque centre urbain en cinq gammes de prix et mesure, pour chacune, les mois d’inventaire : les propriétés inscrites divisées par les ventes mensuelles, en moyenne sur 12 mois. Sous 8 mois, le vendeur a l’avantage. Au-delà de 10, l’acheteur négocie.
Quatre secteurs suffisent pour situer la bascule, sur les 12 mois terminés en septembre 2026 :
| Secteur et catégorie | Gamme la plus basse | Dernière gamme favorable au vendeur | Gamme la plus haute |
| Sainte-Agathe-des-Monts, unifamiliale | Moins de 240 000 $ : 8,9 mois (équilibré) | 600 000 $ à 720 000 $ : 6,9 mois | 720 000 $ et plus : 14,2 mois (acheteur) |
| Sainte-Adèle, unifamiliale | Moins de 280 000 $ : 2,6 mois | 690 000 $ à 830 000 $ : 6,1 mois | 830 000 $ et plus : 19,0 mois (acheteur) |
| Saint-Sauveur, unifamiliale | Moins de 310 000 $ : 4,2 mois | 790 000 $ à 940 000 $ : 7,4 mois | 940 000 $ et plus : 14,8 mois (acheteur) |
| Mont-Tremblant, copropriété | Moins de 210 000 $ : 7,5 mois | Aucune autre : seule la gamme la plus basse reste sous 8 mois | 630 000 $ et plus : 22,8 mois (acheteur) |
Source : APCIQ par le système Centris, baromètre du 3e trimestre 2026, conditions du marché par gammes de prix. Territoires de l’APCIQ : centres urbains de Sainte-Adèle, de Saint-Sauveur et de Mont-Tremblant, agglomération de Sainte-Agathe-des-Monts.
Sainte-Adèle donne la cassure la plus nette : 6,1 mois d’inventaire entre 690 000 $ et 830 000 $, 19,0 mois au-dessus. Et 830 000 $, c’est une fois et demie la médiane de 555 000 $ que l’APCIQ calcule pour le même centre urbain. Le rapport est le même dans l’agglomération de Sainte-Agathe-des-Monts (720 000 $ pour une médiane de 487 000 $) et dans le centre urbain de Saint-Sauveur (940 000 $ pour 634 251 $).
Ces territoires débordent la municipalité : pour la seule ville de Saint-Sauveur, Centris donne une médiane de 685 000 $ sur les mêmes 12 mois. Un seuil de gamme se compare à la médiane de son propre territoire.
Ce qui se vend lentement, c’est donc la tranche chère de chaque secteur, quel que soit son prix en dollars.
Sous 500 000 $, l’offre manque plus que les acheteurs
Selon les données du Registre foncier du Québec, les Laurentides ont enregistré 15,6 % moins de ventes de moins de 500 000 $ entre janvier et août 2026 qu’à la même période de 2025.
Les acheteurs n’ont pas disparu pour autant. Sous 470 000 $, les unifamiliales de Sainte-Adèle, de Saint-Sauveur et de Sainte-Agathe affichent entre 2,6 et 4,2 mois d’inventaire, la tranche de moins de 240 000 $ de Sainte-Agathe mise à part. Moins de ventes dans un marché aussi serré, c’est une offre trop courte.
C’est aussi la gamme où la mise de fonds minimale est la plus basse : 5 % jusqu’à 500 000 $, selon la fiche de l’assurance prêt hypothécaire de la SCHL. Une maison de 350 000 $ demande ainsi 17 500 $, une somme que le RAP et le CELIAPP aident à réunir, comme l’explique le guide pour acheter sa première maison.
Devant une maison affichée nettement sous les prix du secteur, lisez les déclarations du vendeur avant d’offrir. Une fondation fissurée, un terrain humide ou un chemin difficile l’hiver expliquent souvent l’écart, et le rabais se paie alors en travaux.
Le milieu de gamme fait le volume, et il a franchi 500 000 $
En bref : Le gros des ventes se fait au milieu de l’échelle, porté par une région qui attire de nouveaux résidants, et près d’une vente sur deux y dépasse maintenant 500 000 $.
Dans le centre urbain de Sainte-Adèle, 16 des 31 ventes mensuelles d’unifamiliales se concluent entre 420 000 $ et 690 000 $. Ce milieu de marché puise dans une région qui gagne des résidants : selon les fiches démographiques régionales de l’Institut de la statistique du Québec, les Laurentides ont gagné 5 655 personnes dans leurs échanges migratoires avec les autres régions du Québec en 2024-2025, un solde que seule Lanaudière dépasse.
Les 65 ans et plus y forment 22,5 % de la population, un peu plus que les moins de 20 ans (21,2 %). Des ménages qui arrivent d’ailleurs, des retraités qui changent de maison : ces données ne se lisent pas par gamme, mais elles situent la demande.
Ce cœur du marché a changé de prix. Le Registre foncier comptait 17 % de ventes de plus de 500 000 $ dans les Laurentides de janvier à août 2021, et 48 % sur les mêmes mois de 2026. La hausse tient en bonne partie à l’appréciation : avec les 8 % gagnés en un an par la médiane du centre urbain de Saint-Sauveur, une maison de 465 000 $ franchit 500 000 $. Ces données couvrent toutes les catégories d’immeubles, et 2021 était une année record.
Le palier se sent au moment du financement. Au-delà de 500 000 $, la SCHL exige 10 % sur la portion excédentaire : une maison de 650 000 $ demande au moins 40 000 $ comptant, une somme à la portée d’un ménage qui revend une première propriété.
À Sainte-Adèle, une maison affichée 820 000 $ reste dans une gamme à 6,1 mois d’inventaire ; à 840 000 $, elle entre dans celle à 19 mois. Une évaluation de votre propriété la place parmi les ventes récentes de sa tranche, dans son secteur.
Au sommet, l’acheteur est moins pressé et financé autrement
En bref : En haut de l’échelle, les inscriptions s’accumulent parce que l’acheteur est moins nombreux, moins pressé et soumis à d’autres règles de financement.
Dans le centre urbain de Saint-Sauveur, la gamme de 940 000 $ et plus compte davantage d’inscriptions que celle de 470 000 $ à 790 000 $, 185 contre 172. Elle se vend pourtant à 13 maisons par mois, contre 31.
La SCHL trace une frontière nette : un prêt ne s’assure avec moins de 20 % de mise de fonds que si le prix est inférieur à 1 500 000 $. À 1 450 000 $, il faut au moins 120 000 $. À 1 500 000 $, 300 000 $.
La même fiche exige une propriété habitable et accessible toute l’année. Un chalet trois saisons au bout d’un chemin fermé l’hiver ne remplit pas cette condition, quel que soit son prix, et le prêteur doit la valider avec les autres points propres au chalet à vendre dans les Laurentides.
Mont-Tremblant pousse la logique jusqu’au bout : dans son centre urbain, la copropriété est en marché d’acheteurs dès 210 000 $. La résidence secondaire y pèse vraisemblablement plus lourd qu’ailleurs, et un achat de plaisir peut attendre le bon prix.

Ce que la gamme change pour vendre ou acheter
- Vendeur près d’un seuil. Repérez où commence la gamme suivante. À Saint-Sauveur, franchir 940 000 $ fait passer la concurrence de 53 à 185 inscriptions.
- Vendeur dans la tranche la plus chère. Prévoyez un délai plus long et des documents prêts dès l’inscription : cet acheteur a le temps de tout lire.
- Acheteur haut de gamme. Demandez depuis quand la propriété est affichée et si son prix a déjà baissé, puisque l’inventaire travaille pour vous.
- Propriétaire qui monte en gamme. Il vend dans un marché serré et rachète dans un marché plus souple, ce qui change la réponse à la question de vendre ou acheter en premier.

Lire le marché immobilier des Laurentides à partir de sa gamme de prix
Pour un propriétaire, la vraie question est le nombre de maisons de sa tranche qui se disputent les mêmes acheteurs. Le bon repère est donc la gamme où il affiche, lue contre la médiane de son propre secteur.
Ces seuils bougeront au prochain baromètre, les paliers de mise de fonds avec les règles fédérales. Faites situer votre propriété dans sa gamme, à partir des ventes comparables de la dernière année.
FAQ
Comment se porte le marché immobilier des Laurentides selon la gamme de prix?
En deux temps. Dans les centres urbains de Sainte-Adèle et de Saint-Sauveur, les unifamiliales de moins de 470 000 $ se vendaient avec 2,6 à 4,2 mois d’inventaire sur les 12 mois terminés en septembre 2026, selon l’APCIQ. La tranche la plus chère dépassait 14 mois. Dans presque tout le marché immobilier des Laurentides, le vendeur mène dans les premières gammes de prix, l’acheteur dans la dernière.
Le prix des maisons va-t-il baisser dans les Laurentides?
Pas partout ni au même rythme. L’APCIQ associe un inventaire de plus de 10 mois à une hausse de prix faible, parfois à une baisse : c’est la situation de la gamme la plus chère de chaque secteur. Seule la copropriété de Mont-Tremblant affiche déjà un recul de sa médiane sur 12 mois, de 6 % pour la ville selon Centris et de 2 % pour le centre urbain de l’APCIQ.
Est-ce un bon moment pour acheter un chalet haut de gamme?
Souvent, oui, pour négocier. Dans la tranche la plus chère de Saint-Sauveur, de Sainte-Adèle ou de Sainte-Agathe-des-Monts, l’inventaire dépasse 14 mois et l’acheteur a le temps de comparer. Le financement reste le point délicat : à 1 500 000 $ et plus, la mise de fonds minimale passe à 20 %, et un chalet non habitable à l’année se finance mal. Validez ces deux points avec le prêteur avant de visiter.


